Les banques suisses toujours trop grandes pour faire faillite

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L’exigence de fonds propres a pour but de changer le comportement des banques

Photo Thomas8047 Photo Thomas8047 (licence CC)

Dans son rapport qui vient d’être publié, le groupe d’experts chargé par le Conseil fédéral de développer la stratégie en matière de marchés financiers accorde une bonne note à la Suisse.

Pour ce qui est de la stabilité du système financier, notre pays a joué un rôle de pionnier en matière de mesures prudentielles: niveau des fonds propres, liquidités et répartition des risques. Pourtant, notent les experts, même la mise en œuvre exhaustive de ces mesures ne résoudra pas le problème du too big to fail, à savoir l’intervention financière des pouvoirs publics en cas de défaillance de l’une des deux grandes banques helvétiques. En clair, UBS et Credit Suisse continuent de bénéficier d’une garantie implicite de l’Etat.

La révision de la loi fédérale sur les banques, entrée en vigueur le 1er mars 2012, a d’emblée placé notre pays dans le peloton de tête de la régulation, aussi bien en ce qui concerne la rapidité de la réaction que le niveau des exigences. Mais depuis lors d’autres places financières – Londres et New York notamment – ont rattrapé leur retard et même dépassé les exigences du swiss finish.

D’ailleurs, le respect de ces règles prudentielles à l’échéance de 2019 n’exigera des deux grandes banques que 4 à 5% de fonds propres par rapport à leur bilan. Il y a une année, Eveline Widmer-Schlumpf évoquait un taux de 6 à 10%, ce qui provoqua aussitôt une chute du cours de leurs actions. Une réaction qui n’a rien pour surprendre puisque le rendement diminue en fonction de l’importance des fonds propres.

A noter qu’un rendement élevé obtenu grâce à un faible niveau de fonds propres résulte d’une prise de risques dont les actionnaires ne supporteront pas les effets négatifs, mais bien les contribuables.

On voit bien l’enjeu. Des règles sévères en matière de fonds propres visent à éviter que la collectivité ne soit sollicitée en cas de défaut des établissements bancaires. Cette sévérité devrait conduire ces derniers à revoir leur modèle d’affaires en écartant les opérations à risques qui procurent des rendements sans rapport avec la santé de l’économie globale.

L’économiste américaine Anat Admati n’hésite pas à proposer un taux de 20 à 30%, un ratio de levier qui permettrait d’éviter la multiplication des mesures de contrôle et garantirait un système bancaire au service de l’économie, alors qu’aujourd’hui ce système représente plutôt un risque pour l’économie.

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