Les banques suisses bonnes élèves, grâce à la garantie de l’Etat

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Pas de quoi relâcher les efforts de meilleure régulation du secteur financier

Jean-Daniel Delley
12 octobre 2012

L’agence Fitch Ratings vient d’attribuer une excellente note à UBS et Credit Suisse pour ce qui est de leur solvabilité. Mais cette appréciation optimiste se fonde également sur la très forte probabilité d’un soutien de l’Etat en cas de besoin.

Vu l’importance de ces deux établissements pour le secteur financier et l’économie helvétique, ce dernier ne pourrait s’abstenir d’intervenir. C’est dire que le problème des établissements trop grands pour faire faillite (too big to fail) est loin d’être résolu et que l’aléa moral – la prise de risque inconsidérée – paie. Ce constat est partagé par le Fonds monétaire international dans un récent bilan des réformes entreprises jusqu’à présent pour rendre plus sûr le système financier.

Au chapitre 3 de son rapport, le FMI note que cinq ans après le début de la crise, la situation du système financier n’est toujours pas satisfaisante. De nombreuses réformes sont encore nécessaires pour rendre ce système transparent, moins complexe et moins dépendant du levier financier. Et les problèmes posés par le «secteur bancaire parallèle» ( en gros des prêteurs qui n’acceptent pas de dépôts), principal responsable de la crise financière de 2007-2008, ne sont toujours pas réglés. Pas plus que celui que représente les établissements «trop importants pour faire faillite».

Les auteurs du rapport approuvent le relèvement du niveau des fonds propres exigés par le dispositif de Bâle III, un dispositif que la Suisse a même durci. Mais ils craignent que les banques ne transfèrent certaines activités vers le secteur parallèle pour échapper à ces normes. Par ailleurs les coûts des nouvelles réglementations pourraient accentuer la concentration bancaire et favoriser une position dominante de certains acteurs, aggravant de ce fait le problème du«too big to fail».

La crise financière a conduit au chômage des dizaines de millions de salariés et aggravé considérablement l’endettement des collectivités publiques. C’est pourquoi les efforts pour reprendre le contrôle d’un système erratique et destructeur ne peuvent faiblir, en Suisse également.

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