Frais de gestion exorbitants et opaques pour la LPP ( Suisse )

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vendredi 17 juin 2011
, par Christiane Jaquet

Une étude jette un pavé dans la mare, estimant à 3,9 milliards les frais de gestion des caisses.

Pour chaque 100 francs de fortune du 2e pilier, 56 centimes en moyenne sont dépensés pour la gestion de cette fortune. Cela signifie au total la somme colossale de 3,9 milliards par année consacrée à de tels frais, alors que bizarrement les comptabilités des institutions de prévoyance n’EN font apparaître que 795 millions et celle des assureurs 286 millions. Les frais effectifs sont donc quatre fois plus élevés que ce qui apparaît dans les comptabilités des caisses et dans la statistique officielle.

C’est une étude commandée par l’OFAS à une société saint galloise qui le démontre clairement : les frais de gestion de fortune varient fortement selon les caisses de pension et peuvent aller de 0,15 à 1,8% du capital ! « Plus les frais de placement de la fortune sont élevés, plus le rendement net est réduit » constate l’Office fédéral. Monsieur de La Palisse en aurait dit autant. « L’augmentation des frais de gestion de la fortune en raison de produits complexes n’a pas été payante mais a simplement réduit le résultat. » Il est piquant de constater que c’est 30 ans après l’instauration du deuxième pilier que l’OFAS se préoccupe de cette réalité, une criante réalité que le POP et le Parti du Travail avaient prévue d’emblée. Au contraire du système de redistribution de l’AVS, le système de capitalisation qu’impose le deuxième pilier conduit à gérer quelque 700 milliards engrangés au fil des années par les caisses de pension (698 milliards à fin 2009) et payés paritairement par les employés et les employeurs. On peine à imaginer une somme aussi considérable et les appétits voire les audaces qu’elle peut susciter. En toute opacité pour plusieurs caisses.

Or, la Confédération cède désormais, avec la bénédiction des Chambres fédérales, la haute surveillance sur les caisses de pension à un organisme privé de droit public. Les cantons romands, sauf Genève, viennent d’ailleurs de se mettre ensemble pour l’organiser et signer une Convention. Et c’est au moment où l’OFAS lâche la bride qu’il décide de se préoccuper des frais de gestion et, tout bonnement, de l’intérêt des assurés. L’Office fédéral va jusqu’à donner un certain nombre de conseils à cette nouvelle Commission. Comme de formuler des instructions concernant la transparence, « puisqu’il n’est pas nécessaire pour cela de créer des règles légales supplémentaires ».

Qu’est-ce qui a bien pu freiner l’OFAS, jusqu’à maintenant, pour l’empêcher d’édicter elle-même de telles instructions ? Qui va désormais s’assurer que les recommandations de meilleure gestion seront suivies d’effets ? Qui va s’en inquiéter ? Ce sont rarement les réponses qui apportent la vérité mais bien plutôt les questionneurs tenaces.

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