Quatre défenseurs de l’environnement assassinés dans le Nord du Brésil

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Par la Rédaction de Caros Amigos - 25 mai 2011

Traduction : Sidonie Garnier pour Autres Brésils / Revue par Philippe Roman

http://carosamigos.terra.com.br/index/index.php/noticias/1701-casal-de-militantes-do-movimento- Traduction : Sidonie Garnier pour Autres Brésils / Revue par Philippe Roman _________________________________________________________________________

La semaine dernière, le Brésil a été le théâtre d’atrocités dirigées contre des militants de plusieurs mouvements de défense des droits sociaux et environnementaux. En plus de l’assassinat de José Cláudio Ribeiro da Silva et Maria do Espírito Santo da Silva - investis dans le Projet Agroextrativista Praialta Piranheira, à Nova Ipixuna, dans l’Etat du Para, le travailleur agricole, Herenilton Pereira disparu depuis le 26 mai, a été retrouvé mort dans le même assentamento1 que le couple, le 28 mai suivant.

José Claudio et Maria ont été pris dans une embuscade alors qu’ils étaient en chemin pour se rendre au siège de la Municipalité2, et brutalement assassinés de plusieurs balles dans la tête. Selon les affirmations de la « Commission Pastorale de la Terre » de Maraba (CPT-Maraba) qui s’est rendue sur les lieux du meurtre, l’oreille de José Claudio a été découpée et emportée par les assassins “comme preuve du crime”. José Claudio et Maria avaient déjà signalé aux autorités, et évoqué publiquement dans une vidéo, les menaces qu’ils recevaient de la part des exploitants forestiers et des producteurs de charbon. Par ailleurs, le couple dénonçait régulièrement l’exploitation illégale dont fait l’objet la forêt amazonienne.

Selon un communiqué du Ministère public fédéral du Para, “le couple avait informé le Ministère à Maraba du nom des exploitants forestiers de Jacunda et de Nova Ipixuna qui faisaient pression sur les membres de l’assentamento et envahissaient leur terre pour y couper du bois illégalement. Le Ministère ayant adressé ces informations à la police fédérale et à l’

1 Assentamento : regroupement de travailleurs agricoles, souvent membres du MST, sur des terres expropriées 2 Municipalité : traduction de municipio, division administrative et politique des États fédérés

Ibama3, une enquête avait été ouverte concernant plusieurs exploitations forestières de la région”. De surcroît, l’Ibama avait déjà réalisé plusieurs inspections et apporté la preuve de l’existence d’un déboisement illégal à cet endroit. Selon le journal Diário do Pará, le secrétaire de la Sécurité publique, Luiz Fernandes a affirmé hier qu’à Maraba, près de 50 policiers civils et militaires étaient actuellement à la recherche des criminels dans la région où s’est déroulé l’assassinat. La police fédérale doit également se joindre aux recherches. Sur ordre du Ministère de la Justice, la police fédérale effectuera sa propre enquête, mais pour Luiz Fernandes, rien n’empêche que les effectifs coopèrent. Le même jour, à la chambre des députés, le texte du nouveau code forestier, qui facilite la déforestation, a été approuvé. Compte-tenu des événements, le député Sarney fils a adressé devant l’assemblée un message de solidarité au couple et a reçu en retour les huées de l’aile ruraliste. D’autres assassinats dans les campagnes Le jour de la mort de José Claudio et Maria, à 8h du matin, Herenilton et son beau-frère travaillaient à 5 km de l’endroit où s’est déroulé l’assassinat. De retour à 8h40, ils ont vu passé deux hommes à moto. “Les descriptions de la moto et de ses deux passagers coïncident avec les témoignages dont dispose la police et qui attestent de l’entrée dans l’assentamento de deux hommes armés, quelques heures avant le crime, dans la matinée de mercredi ».

Le vendredi suivant, le 27 mai, le militant Adelino Ramos, surnommé Dinho, survivant du massacre de Corumbiara en 1995, a également été assassiné à Rondônia, dans la Municipalité de Porto Velho. Un autre communiqué de la CPT relate que Dinho a été tué par un motard, dans sa voiture, alors qu’il se trouvait avec sa femme et ses deux filles4. Le militant venait de dénoncer l’action des exploitants forestiers de la région de la frontière entre les Etats de l’Acre, de l’Amazonie et de Rondônia. Lui et un groupe de travailleurs revendiquaient une partie des terres de cette région pour y créer un assentamento. Le même jour, dans le Maranhão, le militant syndicaliste et quilombola, Almirandi Pereira, a été la cible d’une tentative d’assassinat. Trois coups de feu ont été tirés depuis une voiture arrêtée devant la porte de sa maison. Almirandi lutte pour l’obtention du territoire quilombola de Charco dans la région de São Vicente Ferrer. Il est en conflit avec Gentil Gomes, père de Manoel de Jesus Martins Gomes et Antônio Martins Gomes. Les deux ont été mis en accusation par le Ministère Public en tant que commanditaires de l’assassinat de Flaviano Pinto Neto, leader du même Quilombo, le 30 octobre dernier. Aujourd’hui 31 mai, la CPT participe à l’audition de la secrétaire d’Etat aux droits de l’homme, Maria do Rosario, pour discuter de la violence dans les campagnes et en particulier des assassinats survenus cette dernière semaine. La coordination nationale de la CPT a divulgué une note publique sur les assassinats ainsi que des données relatives aux personnes qui, menacées de mort depuis 2000, ont fini par être tuées.

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